Cabbale.org

Esoterisme, sexualité et alchimie

Le Cantique des cantiques version ésotérique livret IV

L’ésotérisme de l’Amour


Salomon dans un poème aussi épique que ceux d’Orphée, nous entraine aux sommets de la Sapience.

La quête éperdue de l’épouse vers sont époux, est une puissante allégorie qui nous permet de suivre les transfiguration de l’énergie sexuelle (la kundalini) au sein du jardin du Bien et du Mal, pour passer d’un état hétérogène de la sphère de temporalité organique, à l’état homogène de l’intemporalité.

La lecture uniquement intellectuelle de ce poème, mène aux pires turpitudes dans ses interprétations, alors que dans sa lecture métaphysique et spirituelle, il n’est que beauté, pureté, élégance, harmonie et sublimation de l’âme-de-vie.

Je vous offre l’exégèse effectuée par un alchimiste normand Jean Vauquelin des Yveteaux au 17ème siècle, et que, portion par portion, je vous restitue dans son jus le François de l’époque et son orthographe.



Salomon et l’ésotérisme versets 5.07 et 5.08

Livre d’Esotérisme et le feu philosophique dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et le feu philosophique.

5.07 Les gardes qui font le tour de la ville m’ont rencontrée, ils m’ont frapée et blessée. Ceus qui gardent les murailles m’ont osté mon manteau.

Il semble qu’il y ait icy de la difference entre les premiers gardes, que nostre epouse avoit rencontrés, qui ne connoissoient pas son epoux, et ces derniers qui ne sont pas sentinelles et stables comme les premiers, mais fluides et ambulants comme la patrouille. Et cela se remarque parce que ceus cy sont dits faire le tour de la ville, designant les parties acqueuses et dissolvantes, comme il paroist par le mauvais traittement que nostre epouse en reçoit.

Nostre epouse vierge abandonne donc encor une fois son lict où elle reposoit, et sa chambre, pour la recherche de son epoux. Car la voix de son epoux l’enflame de nouveau, et luy fait abandonner le lieu où elle estoit en sureté, pour le joindre au péril de sa propre personne.

Dans cette recherche elle est maltraitée, blessée. La solution de continuité est mise en oeuvre par ceus qui font le tour de la ville, et ceus qui gardent les murailles luy ostent son manteau, sa mante, en un mot la depouillent. Examinons la nature de ceus qui gardent la ville. Vulcain est le garde exterieur. Le feu philosophique ou fumier est le garde qui fait la ronde. Et pourquoy ne mettrons nous pas du nombre de ces gardes le mage, le sage philosophe, le grand prestre de la nature, qui meurt d’envie de voir la Diane nue, cette vierge dans toutte sa grace et son agrement naturel ? Mais cette pudique vierge ne luy en scait point mauvais gré, elle ne s’en plaint point, car elle scait bien que ce n’est que pour que sa pureté et sa beauté esclattent davantage. C’est pourquoy elle dit ce que vous allés lire dans le verset suivant.

5.08 Je vous conjure, o filles de Jerusalem, si vous trouvéz mon bien aimé de luy dire que je languis d’amour.

Voilà le mesme langage que dans la premiere dissolution. Nostre epouse nostre vierge,tend de touttes ses forces à trouver son epoux, et le desir qu’elle a de s’unir avec luy la fait tomber en langeur. Mais cette langueur mesme produit en elle un acroissement de perfection, elle se fond et se dissout blessée dans le coeur depouillée de toutte chose, elle prie toute ce qu’elle rencontre de luy aider à trouver ce qu’elle aime.



Salomon et l’ésotérisme versets 5.09 et 5.10

Livre d’Esotérisme et l’Or philosophique dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et l’Or philosophique.

Les compagnes.

5.09 Quel est vostre bien aimé entre tous les bien aimés, o la plus belle d’entre touttes les femmes ? Quel est vostre bien aimé entre tous les autres, au sujet duquel vous nous avez ainsi conjurés ?

L’on peut dire de la pierre terrestre comme de la celeste, au sujet de l’epoux, ce que saint Jean a dit au sujet de l’epoux de l’église, que la lumiere aiant luy dans les tenebres, ces tenebres ne l’avoient néanmoins pas comprise ; qu’estant venu ches luy, les siens avoient refusé de le recevoir. Ce sont ceus qui font profession de scavants, ausquels seuls la decouverte de cette lumiere convient, qui la voiant briller à leurs yeus, ne la veulent pas admettre. Ils dressent un autel au Dieu inconnu, et cependant ils traittent de doctrine nouvelle et inconnue celle qui le leur fait connoistre. D’autres s’en moquent et tres peu y croient, car ils sont presque tous sourds à un tel langage, et l’on peut dire que celuy qui fait touttes les delices de la nature sa mere et de son epouse, leur est inconnu à ce portrait que l’epouse leur en a fait. L’or est le dieu des avares, ils n’en connoissent point d’autre, bien loin de connoistre l’or philosophique sous une ville apparence. La fortune est le dieu des ambitieus, bien loin de s’abaisser à la simplicité de la nature, et au mistere ineffable de la lumiere, lorsqu’elle s’unit avec la matiere ; par laquelle union cette pierre benitte renferme toutte la gloire et la puissance de la nature, avec touttes les inactions apparentes de la matiere.

(Decet ut plene noveris quem diligis, atque orare in eo et spiritualitates celestis, et assumptae misterium incorporationis agnoscas.) C’est ce que l’epouse entreprend de faire par les parolles du verset suivant.

L’epouse

5.10 Mon bien aimé blanc et rouge est choisy entre mille.

L’epouse met icy la blancheur devant la rougeur. La blancheur indique l’origine celeste et lumineuse de l’epoux, et la rougeur ce qu’il a pris de la terre rouge adamique, à laquelle il s’est uny [I] (adam enim rufus)[/I] et c’est pouquoy quelqu’un a donné le nom de bol rouge au sujet philosophique. Et cette rougeur vient à cet epoux d’avoir foulé le vin de la grappe philosophique, tout seul, sans aucun secours étranger. Et ce jus de la grappe n’a rejailly que sur sa robe, sa terrestreité, car de sa nature il est tout lumineus, et la lumiere mesme.

Il a esté choisy entre mille, car cet agent estant le premier de touttes les creatures (primum creatum), il a esté élevé au dessus de touttes, et l’on peut appliquer à ce serviteur de la nature, cet agent du Seigneur, ce que dit Isaie, cap. 42 : ( Voicy mon serviteur, voicy mon eleu, je reprendré mon esprit sur luy, et il rendra justice aus nations), c’est à dire il jugera les autres creatures materielles ausquelles ne s’estant point meslé (car c’est un estre indeterminé), il est sans tache, et sauve et perfectionne les autres estres materiels par son sang et sa teinture.



Salomon et l’ésotérisme verset 5.11

Livre d’Esotérisme et le noir de corbeau dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme de la tête de l’époux.

5.11 Sa teste est en or tres bon ; sa chevelure est comme la teste des palmiers, noire comme le corbeau.

La teste est ce dont depend tout le reste du corps, cette teste influe dans tout le reste, elle est un or philosophique, pur, vif, incombustible. C’est pourquoy en rapelant icy la prudence de ce serpent phisique, ( etiam si omnia membra cecantur, totum uratur corpus incendiis, mergatur profundo, evisceretur a bestiis, hoc tamen capite custodito, vita integra, tuta, est salus.)

Les cheveus et les yeus noirs font en Orient le plus bel ornement d’unne teste, dont le visage est blanc et vermeil ; mais icy ils sont regardés comme les branches, touffues d’un palmier, dont la teste qui les porte est la partie la plus hautte, et la chevelure de ses branches au dessus s’elevant vers le ciel, figure cet Adam, cet homme philosophique, nommé par les sages ( arbor inversa), arbre renversé, dont les racines firent la nourriture de l’air, et l’air luy communique celle qu’il luy aporte du ciel, en quoy consiste toutte sa force et sa vigueur, qu’il puisse, et qui reside dans ses cheveus, comme dans ceus du rouge Samson.

Cette noirceur de ses cheveus, comme nous avons fait entendre ailleurs, est l’humidité qui cache la lumière, et luy fait ombre, designée par le corbeau qui par son cry annonce la pluie. Car cette chevelure de palmier est susceptible de la rosée, dont les cheveus de l’epoux qui demandoit à son epouse de luy ouvrir sa porte estoient tous mouillés. Cette rosée fait fructifier cet arbre renversé dont les racines sont devenues les cheveus noirs, comme le corbeau, dont neanmoins les philosophes veullent que l’on couppe la teste en le blanchissant.

Le corbeau selon la theologie des Hebreus, est du nombre des oiseaus les plus considerables, ( a mensura roboris excelsi proviens, unde Psalm. 146 et Evangelio deus dicitur pascere pullos corvorum invocantes eum). Voiéz ce que nous avons dit du corbeau dans nos autres ouvrages.



Salomon et l’ésotérisme versets 5.12 et 5.13

Livre d’Esotérisme et la colombe de Noé dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et la colombe de Noé.

5.12 Ses yeus sont comme les colombes sur l’eau des ruisseaus, qui ont esté lavées dans le laict, et qui se tiennent le long d’un grand courant d’eaus.

Les colombes, dit on, ont des yeus plus vifs pres des eaus, où elles paroissent plus belles parce qu’elles s’y lavent souvent, et accause de la reflexion de la lumière que l’eau fait jaillir sur elles, en sorte que vous diriéz que leur blancheur a esté lavée dans le laict. Tout cela veut nous exprimer des yeus clairs, vifs et cristalins comme les eaus, et dous comme le laict.

La colombe de Noé revint dans l’arche avec le rameau d’olivier pour la marque de la reconciliation de Dieu avec les hommes, lorsque les eaus commancerent à se diminuer de dessus la terre. David demande des ailles de colombe pour s’envoler en lieu pacifique. La colombe dans Isaie gemit en attendant du secours. Les colombes furent le prix par lequel fut rachepté celuy qui venoit sauver l’univers, et le Saont Esprit sous figure de colombe se reposa sur le Seigneur sauveur sortant des eaus du jourdain, où saint Jean venoit de le baptiser.

Il ne faut pas s’etonner si les yeus de l’epouse aiant esté comparéz à une colombe, ceus de l’epoux le sont aussy, puisqu’ils ne sont plus qu’un.

Les eaus celestes et le laict spirituel sont les deus yeus de l’epoux, par lesquels il examine et penetre le coeur de l’epouse, qu’il regarde favorablement, en la tirant de la prison de sa corporeité.

Les colombes se tiennent pres des eaus pour voir dans elles l’ombre des oiseaus de proie qui pouroient leur nuire, et elles s’y plongent pour eviter l’insulte. ( Serpentes semini faemineo insidiantis).

Le Laict seul de touttes les liqueurs ne represente aucunne image par reflexion, il ne reçoit aucunne impression des corps étrangers, ny n’est susceptible d’aucunne tache. Tel est l’oeil de l’epouse, qui se tient pres des eaus, pour porter fruict par leur arousement.

Des le commancement de la creation, il est dit que l’esprit de Dieu couvoit les eaus, du laict, à l’exemple de l’oiseau qui anime ses oeufs par la chaleur en les couvant, pour en produire des creatures renouvelées par l’eau et l’esprit igné qui leur amolit le coeur.

5.13 Ses joües sont comme de petits partterres de plantes aromatiques, qui ont esté plantées par les parfumeurs, ses levres sont comme des lys, qui distillent la pure myrrhe.

Le coloris des joües exprime ordinairement la secrette disposition du coeur. Les joües, la superficie exterieure de nostre sujet, indiquent la disposition et l’estat de sa vertu intérieure, qui ne peut exhaller que des parfums eccellents des arbres qui vegettent à sa superficie, et que les philosophes y ont plantéz et y cultivent.

(Ces levres de l’epoux qui sont appeléz lys, sont peutestre ces lys rouges si magnifiquement revestus en Orient, où ils sont communs de cette couleur, et où ils rependant une odeur eccellente. C’est le pere celeste qui prend soin de parer si superbement ces lys, qui ne travaillent ny ne fillent leurs ajustements.

Cette myrrhe pure est le depouillement total de toutte chose etrangere, jusques au propre abandon de ses plus proches, pour s’asujettir à la seule croix, et à la separation de son propre corps, ce qui fait la mort indiquée par la myrrhe.



Salomon et l’ésotérisme versets 5.14 à 5.16

Livre d’Esotérisme de l’époux dans le Cantique de Salomon

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme de l’époux dans le cantique de Salomon.

5.14 Ses mains sont d’or et faittes au tour, pleines de hyacinthes, son ventre est d’yvoire enrichy de saphirs.

Les mains qui signifient les oeuvres sont d’or, ainsy que le chef. L’or est ce qu’il y a d’incorruptible, de plus pur et de meilleur. ( Faittes au tour), c’est à dire parfaittes, car la rondeur est le simbole de la perfection. L’or est ce qu’il y a de plus beau.

L’hyacinthe est couleur pourpre.

Son ventre indique ce qu’il y a de plus inferieur et corporel, il est d’un ivoyre, espece d’os, dont les parties sont touttes serrées si etroittement ensemble qu’il est incorruptible, et d’une fermeté inalterable, jointe à la blancheur extraordinaire.

Le saphir represente la couleur du ciel duquel il est orné. C’est la puissance de l’esprit. Cette pierre precieuse indique le Xème ciel. Le trone stable d’Esechiel.

5.15 Ses cuisses sont des colomnes de marbre posées sur des bases d’or, sa figure est comme celle du mont Liban. Il est d’élite comme les cedres.

La cuisse indique la puissance et ces bases d’or la solidité incorruptible, et la fermeté inebranlable est indiquée par le marbre sur la base, qui est le fondement de la nature. Ce marbre est la pierre fondamentalle et inflexible, mais reflechissez que sa base est d’or et peutestre philosophique.

Sa figure est comme celle du mont Liban. Ce mont est cette pierre non pierre, qui aiant frappé les pieds de fer et d’argille de la statue que le roy Nabucadonosor vit en songe, et l’aiant brisée et mise en poudre, devint ensuitte elle mesme une montagne qui remplit toutte la terre par l’acroissement de son empire.

Choisy comme les cedres, l’epoux habitte dans les lieus hauts et ne regarde que ce qui est abaissée. Les cedres portent leurs branches dans les nües et poussent leurs racines jusques au centre de la terre, tirant leur principe du ciel, leur nourriture de la terre humectée de l’influence, et portant des fruicts élevés jusques au ciel, vers où ils tendent.

5.16 Son gosier est tres agreable, et il est tout desirable. Tel est mon bien aimé et c’est luy qui est mon amy, filles de Jerusalem.

(Huius du cedenis bonum, si anima gustaverit incredibiliter exestuat). Combien sont ineffable les avantages que l’on gouste dans cet epoux, luy qui est l’objet de tous les desirs, soit que l’on le traine morallement ou phisiquement, ( gustate et videte). Il est tout aimable, et par consequent tout desirable.

Cependant un tel epoux n’est aimé que de peu de personnes, car il y a peu de vierges, c’est à dire de personnes qui n’aient de l’attache pour les choses corruptibles et dissolües.



Salomon et l’ésotérisme versets 5.17 à 6.01/1

Livre d’Esotérisme et les femmes dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et le lieu de l’époux.

5.17 Où est allé vostre bien aimé, la plus belle d’entre les femmes ? où s’est retiré vostre bien aimé ? et nous l’irons chercher avec vous.

Ce n’est qu’avec l’epouse que l’on peut trouver le veritable epoux. Hors la grande pierre point de transmutation, il faut qu’elle soit edifiée sur la principalle pierre de l’angle.

L’epouse aussy leur va indiquer dans le chapitre suivant, car comme dit saint Augustin, ce n’est pas une petite partie de la science de s’unir à celuy qui scait touttes choses. L’epouse scait ce que scait l’epoux, et les filles de Jerusalem sont les compagnes de l’epouse, les autres filles de la mesme cité qui peuvent devenir heureuses comme elle, lorsqu’ils la suivront en l’imitant. Ou bien l’on peut entendre aussy par elles les disciples de cette science, qui seront asses heureus de suivre l’epoux, apres l’avoir connu, allants partout avec luy. Ils pourront estre asses fortunéz pour estre conduits dans la salle des nopces, pour y estre introduits lorsque l’epoux y entrera pour s’unir à sa bien aimée, dont ils doivent cultiver la conoissance et la familiarité, affin qu’ils soient soufferts comme amis de l’epouse, et connus de l’epoux qu’ils doivent aussy connoistre.

L’epouse

6.01/1 Mon bien aimé est descendu dans son jardin, dans le parterre des plantes aromatiques, pour se nourrir dans ses jardins, et ceuïllir les lys.

Il est parlé icy de jardin au singulier, où le bien aimé est descendu ; il est nommé le parterre des aromates, et puis il est dit ensuitte, (affin qu’il prenne nourriture dans les jardins) au plurier et qu’il ceuïlle le lys.

Il semble par là qu’il y a quelque distinction à faire de ce jardin singulier où il est descendu, nommé parterre des aromats (que l’on peut interpreter nostre epouse vierge, avec laquelle s’estant uny, nous voions se former ce parterre varié de lys blancs et jaunes de si bonne odeur) et dans les jardins au plurier, il y paist et ceuille des lys.

Suite du verset page suivante...


Salomon et l’ésotérisme verset 6.01/2

Livre d’Esotérisme et le jardin d’Hermès dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et le jardin des philosophes.

6.01/2 Mon bien aimé est descendu dans son jardin, dans le parterre des plantes aromatiques, pour se nourrir dans ses jardins, et ceuïllir les lys.

Outre la vierge pure qui est la seur de l’epoux, substance differente, mais sortie de la mesme nature, lequelles unies ensemble ne font plus qu’un et qu’en cet estat les philosophes apellent leur matière première des metaus philosophiques, leur mercure duquel il est dit : ( est in mercurio quidquid quaerunt sapientes), il faut scavoir qu’il y a le vase de nature qui contient cette vierge, et ce vase est la retraitte de cette colombe, dans les trous de laquelle elle se cache, qui est terre. (Terra est vas). Il y a plus, l’epoux luy mesme a son vestement, car estant toutte lumiere et la lumiere mesme, il ne se livre d’abord qu’envelopé de tenebres, de brouillard humides, lesquels s’epoisissans en eau, luy cachent son brillant, et l’ombragent. Ce qui fait dire à Hermes, ( Tolle a radio umbram suam). En un mot, l’eau est l’autre vase de nature qui contient l’epoux, et il faut que l’epoux et l’epouse se depouillent tous deus de leur vestements grossiers, pour s’unir parfaittement ensemble ; cependant il leur reste toujours quelque voille de pudeur, qu’il n’est permis qu’au vrai philosophe de lever, et ces deus vestements sous lesquels la vierge et son epoux se laissent voir, peuvent estre les eaus qui l’arousent, ou pour mieus dire la terre qui y est cultivée, et l’esprit fructifiant qui la rend faeconde, dont l’eau est le vehicule, et qui à cause de cela peut estre ditte vase de nature aussy bien que la terre, et tous deus peuvent estre nomméz assez à propos jardins de l’epoux, où se fait la culture de ses aromates.

Outre cela il y a encore le vase artificiel, l’oeuf de verre, et de plus le fourneau ou athanor, jardin du philosophe artiste, dans lequel le tout est contenu, et dont il est dit :

Les philosophes ont un jardin
Où le soleil soir et matin
Et jour et nuict, et à toutte heure,
Et incessamment y demeure,
Avec une douce rosée,
Par laquelle est bien arosée
La terre portant arbre et fruicts,
Qui là sont plantés et conduits,
Et prennent deüe nourriture
Par une plaisante pasture.


Les arbres qu’on y cultive sont metelliques, selon l’idiome chymique, et selon celuy du Cantique des cantiques, ce sont les lys blanc et rouge, dont l’epoux fait sa pasture. ( Terra alba et rubea quae nutrix eius).



Salomon et l’ésotérisme versets 6.02 à 6.04

Livre d’Esotérisme et les yeux de l’esprit dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme des lys dans le Cantique de Salomon.

6.02 Je suis à mon bien aimé et mon bien aimé est à moy, luy qui se nourit parmis les lys.

Et comment l’epouse ne seroit elle pas à son bien aimé, puisqu’elle s’est depouillée de toutte autre chose pour ne posseder que luy, ausuel elle s’est attachée et livrée uniquement pour ne dépendre que de luy ? Et elle a bien eu raison de le faire, puisque tout ce qu’elle est, et ce qu’elle a de bon, elle ne le tient que de luy.

Il l’a preférée à tout l’univers, rendue belle de difforme qu’elle estoit, purifiée de sa pouriture et guerie des ulceres dont elle estoit couverte : comment pourroit elle n’estre pas entierement à un epoux si aimable, si utille, et dont elle a esté tant aimée ?

Il se nourit parmy les lys, le blanc et le rouge, qu’il convertit en sa propre substance.

6.03 L’epoux

Vous estes belle mon amie, suave et decorée comme Jerusalem, redoutable comme une armée rangée en bataille.

L’estat où l’union de l’epoux avoit mis l’epouse la rendoit agreable au goust de ceus qui en ont, et parée aus yeus de ceus qui en font usage. Jamais Jerusalem ne fut plus superbe, si magnifique, ny si forte. L’union de touttes ses parties, dont chacune en particulier fait sa fonction, pour tendre à mesme fin, la rendoient terrible par son grand pouvoir.

6.04 Detournés vos yeus de moy, car ce sont eus qui m’ont obligé de m’envoler. Vos cheveus sont comme un troupeau de chevres, qui se font voir de la montagne de Galaad.

Si l’on veut parler des yeus de l’esprit, effectivement cet epoux est incomprehensible. Mais quant aus yeus de nostre vierge phisique, leur brillant etincellant et enflammé rend l’epoux si volatil, si aspre à s’unir avec elle, qu’il s’eschappe bientost de la veüe, lorsque l’epouse veut le regauder fixement. Elle est pour luy un vray basilic. Aussitost la matiere est dessechée. Le volatil cesse de l’estre, il est à l’instant tué, fixé, et l’on perd cet epoux de veüe.

Cette comparaison des cheveus de l’epouse, est faitte accause de la blancheur exaltée et rafinée qui la couvre.



Salomon et l’ésotérisme versets 6.05 à 6.07

Livre d’Esotérisme et d’alchimie le Cantique de Salomon

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et l’alchimie du Cantique de Salomon.

6.05 Vos dents sont comme un troupeau de brebis qui sont montées du lavoir, et qui portent touttes un double fruict, sans qu’il y en ait de sterilles parmy elles.

Cette repetition pareille à ce qui a desja esté dit, nous avertit du procédé et progrés pareil à celuy qui a esté fait dans l’imbibition precedente, dont celle cy ne semble qu’unne reiteration, indiquée par la nouvelle descente de l’epoux dans ses jardins.

6.06 Vos jüpes sont comme l’écorce d’une pomme de grenade, sans ce qui est caché chez vous

Cette autre repetition fait voir que si cette reiteration d’operation a commancé comme la precedente, elle finit aussy de mesme ; et que l’on en doit esperer la decouverte de quelque chose de plus eccellent, qui est encore cahé, dont le coloris commançant des joües exterieures est un indice certain.

6.07 Il y a soixante reines et quatre vingt concubines (femmes du second rang) et les jeunes filles sont sans nombre.

Nous avons averti dès le commancement que ce verset indique la multiplication.

Quand la lumiere, sortant de la puissance du Createur dans toutte son énergie et sa vigueur, fut mise en action, elle agissoit librement, et executoit tout d’un coup la perfection des estres créés, à la formation et arangement desquels elle estoit destinée ; mais depuis qu’elle a esté engagée, absorbée et emprisonnée dans la matiere et la masse de la corporeité des mixtes, ce n’est que peu à peu, et par des efforts reiteréz et des progrés repetéz, qu’elle vient à bout de son opération, à la perfection de laquelle elle emploie beaucoup de temps. Ce qui fait que touttes les parties du composé naturel ou phisique n’obtiennent pas la mesme perfection touttes ensemble, et dans le mesme instant.

Ce jeunes filles sans nombres nous peuvent indiquer les parties crües du compost, qui quoyqu’indigestes sont neanmoins destinées à parvenir à la maturité et perfection. Les quatre vingt concubines peuvent signifier celles qui se sont aprochées de l’epoux plus que ces precedentes, sans s’y estres neanmoins incorporées tout à fait, c’est à dire sans y estre unies à perpetuité ; mais les soixantes reines nous marquent celles qui sont unies parfaittement à leur epoux par inclination, comme estoient celle de David, de saint Paul et de saint Jean, et elles deviendront un mesme corps et un mesme esprit en toutte perfection comme ce nombre le denotte.



Salomon et l’ésotérisme versets 6.0 et 6.09

Livre d’Esotérisme et la Jérusalem céleste dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme de la Mère de la Colombe dans le Cantique de Salomon.

6.08 Une seule est ma colombe, ma parfaite.

Elle est unique de sa mere, choisie par celle qui l’a engendrée ; les filles l’ont veües, elle a esté publiée heureuse par les reines et les concubines, et elles l’ont louée.

La mere de cette colombe est l’esprit descendu du ciel qui a pris cette forme apres le baptesme celle qui en est formée est la vierge epouse bien aimée, choisie par celle qui l’a engendrée. D’autres veullent que la Jerusalem celeste soit mere de cette epouse et colombe choisie, exilée à la vérité de sa patrie, mais qui se rend tous les jours digne de regner (par le progres qu’elle fait journellement dans le procedé du grand oeuvre) avec sa mere en se spiritualisant, car c’est du ciel que vient véritablement son origine. (Aentheus est illi vigor et celestis origo unde fluit nobis haec medicina dei. Entheus, Pythonicus, deo plenus et furore divino affatus).

Ces louanges publiées par ces filles, ces concubines et ces epouses reines, marquent l’empressement et le desir violent qu’elles ont d’atteindre à la perfection de cette colombe qu’elles ont veües, qui est le premier degré de la teinture.

6.09 Quelle est celle cy qui s’avance comme l’aurore lorsqu’elle se leve, belle comme la lune, distinguée comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille ?

L’aurore est la fin de la nuict, et le commancement du jour qu’elle annonce. Un cercle capillaire où la blancheur reluit, Pour developper des ombres de la nuict, Luy donne un avant goust du safran de l’aurore.

La lune est l’astre de la nuict, qui éclaire dans les tenebres. Ce qui a fait dire au Cosmopolitte : ( in nocturnis versatur tenebris, cui sol non lucet in densa umbra est, cui de nocte non apparet luna etc...)

Electra ut sol, choisie pour devenir soleil elle mesme, et pour lors elle sera en estat non seulement de ne plus craindre ses ennemis, mais elle leur deviendra terrible, detruisant et calcinant toutte impureté qui luy pourroit nuire, et s’opposer à sa puissance.



Salomon et l’ésotérisme versets 6.10 et 6.11

Livre d’Esotérisme et Soleil philosophique dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme des quadriges d’Aminadab.

6.10 Je suis descendue dans le jardin des noix, pour voir les pommes des valées, et considerer si la vigne avoit fleury, et si les pommes de grenade avoient germé.

Ce jardin des noix est sans doutte un de ceus de son epoux. Ces nois pouroient nous figurer les fruicts de ce jardin, envelopéz dans les vases naturels, comme la noix l’est dans ses différentes écorces, dont l’epouse auroit voulu considerer l’estat soit de leur fleur, soit de leur fruict. La noix est le simbolle des épousalles par ses doubles envelopes.

Ces noix se peuvent encor entendre de ce qui fait fructifier ce jardin et luy communique la chaleur exterieure et artificielle de lampe, entretenüe avec l’huille produitte par la noix.

Cependant quand je reflechis à l’expression de Bernard Trevisan, en un petit traitté que j’ay traduit autrefois, où il est dit que l’on doit aussy mettre la terre avec le feu en un vase convenable, puis y introduire un feu inextinguible de noix, lequel descendant sur la terre devore tout avec la gomme et le convertit en sa nature, cela fait que je renouvelle mon attention.

Ce jardin des noix c’est celui où l’epouse descend, pour oster l’amertume de ceus qui descendent, c’est à dire qui tombent ou pechent ; et la dureté de l’écalle est celle de la noix du peché, qui couvre et renferme un noiau agreable, pourveu que la grace de l’epoux oste cette amertume et casse le noiau. C’est ce que fait l’onction de la grace dans le spirituel, et dans le phisique l’amertume se tourne en douceur, et la dureté est amolie par la solution.

6.11 Je n’ay pas sceu, et mon ame m’a troublée, accause des quadriges d’Aminadab

L’epouse n’a pû rien connoistre à cette fleureson, ny à cette maturité des fruicts, car tout se passe dans le fourneau secret de nature.

Et son ame a esté troublée accause des quadriges d’Aminadab. Le terme de quadrige signifie ou un chariot ou une chaise ou un char trainé à quatre chevaus, ou les chevaus mesmes qui le tirent, ou un cheval destiné à estre des quatre qui servent à cet attelage de quatre chevaus. On scait qu’en termes d’adeptes qui est un idiome tout particulier, le chaval est la partie dissolvante et volatille ; mais ce terme de (quadriga) convient et indique la pluralité de ces chevaus, qui semblent se multiplier dans le progréz de l’oeuvre, lequel paroist icy fort avancé. Le premier de ces chevaus est noir, le deusiesme est blanc, le troisiesme est citrin et le quatriesme est rouge : voilà la quadrille des imbibitions reiterées qui se suivent l’un l’autre, et ce sont les couleurs ou les qualitéz ausquelles ces courciers conduisent le char du soleil philosophique, icy designé sous le nom d’Aminadab, que les interprettes spirituels croient avoir esté quelque grand homme de guerre, en réputation du temps de Salomon, et sans doutte il y a plus de mistere sous ce nom composé d’(amin) et d’(adab) qui signifie le char du roy ou du prince.

Quelques uns disent que cet Aminadab estoit le nom de celuy qui le premier entra et passa la mer rouge.

Le philosophe l’interpretera pour ce qui penetre la matiere ou le serviteur rouge.



Salomon et l’ésotérisme verset 6.12

Livre d’Esotérisme et Mercure dans le Cantique de Salomon

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et l’esprit qui ressuscite les morts.

6.12 Revenéz, revenéz o Sulamite, revenéz, revenéz, affin que nous vous considerions.

Cet esprit qui resucite les morts pouvoit bien faire revenir l’epouse troublée, puisqu’il l’avoit desja tirée d’un plus grand évanouissement, et cela plus d’unne foix. Le dieu Mercure estoit destiné par les poetes scavants à conduire les ames des morts aus enfers, et à les en ramener. (Mercurius animas ducit et reducit).

Sulamite veut dire pacifique, c’est ainsi que l’epouse est nommée, accause qu’apres tant de troubles souferts, elle peut s’attendre enfin à une paix fixe et permanente.

Par ces quatre repetions de revenez, l’epouse est rapellée quatre foix. Ce qui suppose qu’elle estoit decouragée, et avoit esté defigurée autant de foix. Ce qui repond à ces quatre chevaus, ces quadriges, attelés à ce char d’Aminadab. Ce qui peut aussy indiquer les quatre coins du monde philosophique, d’où cette vierge dissipée par tant de solutions est rappelée, par la voie des quatre saisons, pour s’unir pour jamais à son epoux.

Mais parce que cet epoux dissolvant est venu apporter l’épée, et non la paix sur cette terre vierge, il veut pourtant qu’elle l’espere par son union, car le mistere de la reconciliation luy a esté donné, et il la reconcilira avec la justice formidable du pere qui est le feu, qui ne luy pourra plus nuire ; au contraire il la beatifiera.

C’est ainsi que cette vierge se purifie de plus en plus, et qu’elle devient plus lumineuse, par les regards de cet epoux qui la veut considerer de plus en plus, la trouvant plus belle à chaque foix qu’il l’a lavée de larmes, et qu’il les a dessechées par l’ardeur de son amour qu’il luy procure, et qui rend cette epouse si fort eprouvée de plus belle en plus belle, ce qui donne l’envie de l’envisager de nouveau.



Salomon et l’ésotérisme verset 7.01

Livre d’Esotérisme et l’éternel combat dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme et l’éternel combat contre les ennemis.

Les compagnes de l’épouse

7.01 Que versés vous dans le Sulamite, sinon des coeurs de musique dans un camp ? Que vos demarches sont belles, o filles de prince ! Dans vos chaussures les jointures de vos cuisses sont comme des colliers faits de main d’ouvrier.

Nostre vierge estant dans un perpetuel combat entre les ennemis qui l’agittent, l’eau et le feu qui la persecuttent, sort toujours victorieuse de ces attaques par le secours qu’elle reçoit de son epoux, qui la met ainsi à l’épreuve pour se l’assurer davantage ; et lorsqu’elle est rentrée dans son camp, elle chante victoire, ravie de l’avoir remportée, glorieuse d’avoir tant souffert pour son epoux, qui desire d’elle ces epreuves, et qui les recompense à chaque foix d’un nouveau raion de gloire.

Les desmarches de nostre epouse sont les progres denostre matiere, qui par la force de l’esprit qui l’anime, ne laisse aucunne partie de son sujet sans le luy communiquer.

La chaussure empesche que l’on ne touche la terre, et est un commancement de separation d’avec elle, qui nous éleve au dessus, (in terram foliatam).

Cette seur, cette epouse est icy appelée fille de prince, car elle tient de luy tout ce qu’elle a de precieus, et fait la richesse et l’ornement de son royaume ; et de plus elle en a esté formée et engendrée, car cette aimable vierge est fille de son epoux, ( spiritus incorporatus, et fixatus, ortus a spitu volatile celesti). Eve a bien esté formée d’Adam, et mesme de sa coste, ( parte duriore, os ex ossibus).

On paroit ordinairement le cou de ceus que l’on honoroit du triomphe, de carcans enrichis des ornements les plus precieus, car il s’agit des jointures des jambes et des cuisses de l’epouse, qui paroissent comme des charnieres du dernier poly et de main d’ouvrier, mesme de maistre. Cet ouvrier est l’époux qui donne toutte cette grace au moien unissant, d’où procede toutte l’agilité du progres de ce grand oeuvre, dont les deus cuisses sont le blanc et le rouge, deus soufres si desiréz dans l’oeuvre.



Salomon et l’ésotérisme versets 7.02 et 7.03

Livre d’Esotérisme d’Appollon et Diane dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme du nombril dans le Cantique de Salomon.

7.02 Vostre nombril est une couppe faitte au tour, où il ne manque jamais de liqueur à boire. Vostre ventre est comme un monceau de froment environné de lys.

Le nombril est le conduit par où l’enfan prend sa nourriture dans le ventre de sa mere. Cette mere a deus enfans, la lune et le soleil, car c’est Latone qui a mis au monde Appollon et Diane, qu’elle nourit d’abord de laict virginal, dans leur enfance, jusques à ce qu’ils soient asses forts pour vuider la couppe remplie d’un breuvage plus parfait, de cette liqueur toutte spirituelle et celeste. C’est le nombril de notre vierge, qui est cette couppe de perfection, faitte au tour avec justesse et compassée adroittement, où se trouve meslé le fixe et le volatil, le spiritueus avec le terrestre, le celeste avec l’elementaire, le formel avec le matériel. Ce conduit est traitté de nombril pour faire voir qu’il est couppé, et que la nourriture menstruelle et corrompüe ne se communique plus par là. Mais au contraire ce nombril est devenu une couppe pleine d’une liqueur salutaire et celeste, qui procure par son laict une croissance, et par son vin une force qui porte à l’aage viril, et augmente l’estat robuste.

Ce n’est pas asséz que la liqueur exprimée et contenue dans la couppe, la nourriture plus solide du fixe, est designée par ce ventre, comparé à un morceau de froment, tout environné de lys. Car ce froment, ce grain philosophique, est accompagné de douceur, de beauté, signifiée par le lys ordorant qui l’environne. (Lilium album, lilium rubeum continet). Ce grain de froment a esté semé, est poury et mort en terre vierge, et y aiant germé a produit un monceau de froment par sa multiplication que luy a procurée l’esprit de fecondité, qui l’a rendu propre à la nourriture, santé et saveur rejouissante de tous les hommes. Pseaume 8. ( Il a nourry de la plus pure farine de froment, et l’a rassasié du miel sorti de la pierre).

(Vallatus liliis), ce lys qui est l’epoux, l’esprit, le volatil mesme, qui s’est nommé ailleurs luy mesme fleur des champs, lys des vallées, qui sert icy de rampart à ce monceau de grain, et l’entoure comme uns isle, pour le deffendre de l’ardeur du soleil, et de tout ce qui le pouroit gaster.

7.03 Vos deus mamelles sont comme deus petits jumeaus de la femelle d’un chevreuil.

C’est une repetition de ce qui a esté dit dans une autre imbibition, qui fait remarquer que c’en est encore icy une nouvelle.



Salomon et l’ésotérisme versets 7.04 à 7.06

Livre d’Esotérisme la femme et Salomon dans le Cantique

© 2006 C. Le Moal votre guide du Jeu


(JPG) ’ésotérisme de la femme dans le Cantique de salomon.

7.04 Vostre cou est comme une tour d’yvoire, vos yeux sont comme les piscines d’Hesebon, qui sont à la porte de la fille de la multitude, vostre néz comme la tour du Liban qui regarde Damas.

Le palmier a une verdeur permanente et son feuillage ne change jamais ; et le suc celeste l’aiant fait croistre, el maintient en cet estat, droit, elevé et auguste. Le palmier en croissant est menu par le bas, et grossit à mesure qu’il s’eleve, et plus il monte haut, plus les fruicts qu’il porte sont eccellents. C’est pourquoy on luy compare la taille de l’epouse. Ainsi que la croix aiant esté elevée, nous prepare dans le spirituel unne nourriture celeste et salutaire.

Les grappes de raisin veullent estre pressées, pour donner cette liqueur enyvrante ; il faut donc presser les mamelles pour changer le laict en vin.

La finne fleur des grappes blanches que le palmier pousse, et qui n’ont point encor esté touchées, est pour les connoisseurs délicats.

7.05 Vostre teste est comme le mont Carmel, et la chevelure de vostres teste comme la pourpre du roy liée aus canaus.

Le mary est le chef de la femme, et l’epoux dont l’epouse est ornée est sa teste, le mont Carmel de la tribu d’Isshar, asses pres de Tyr, beau, fertille et orné de touttes sortes de fruicts : cette teste est donc remplie de touttes sortes de bien. Cette teste qui gouverne tout reçoit non seulement la lumiere d’en haut, mais doit estre arosée des pluies salutaires qui la rendent fertille : ( In Carmelo Elias orans obtinuit pluviam). La chevelure de la teste de l’epouse est comme une pourpre du roy, c’est à dire la leine que l’on teint en cette couleur elle est teinte deus fois avant que d’estre filée, et est liée dans les tuiais à travers lesquels decoulle le sang de ce poisson ou coquillage que l’on appelle pourpre.

L’auteur compare les cheveus de la teste de l’epouse à cette laine. C’est cette spécieuse et precieuse tainture qui est le sang de l’epoux, dont l’epouse estant tainte, et liée aus canaus par où il s’ecoulle, elle reçoit la splendeur, la puissance ; et le diadesme ; en un mot, c’est ce qui la fait reine, digne epouse du roy puissant qui par sa teinture fait autant de roys de ceus ausquels il la communique et qui s’en trouvent teints.

7.06 Que vous estes belle, pleine de grace, o vous qui estes ma tres chere, et les delices de mon coeur.

C’est en cet estat que l’epouse est agreable à considerer, car autrefois et dans le commancement elle estoit pleine d’amertume, mais maintenant elle est remplie de douceur. Celle qui estoit difforme et noire est devenue d’unne beauté esclatante et d’unne blancheur ebloüissante.




le tarot du sepher de moise


retour à la rubrique : Le Cantique des cantiques
telechargement, telechargement gratuit,cabbale,livre,3ème oeil,jeu dans Le 3eme Oeil et l Infini

Ce site, cabbale.org, met à votre disposition le livre "le 3ème Oeil et l'Infini" en vous offrant des extraits en consultation en ligne, mais aussi, vous permet de télécharger gratuitement l'intégralité du "3ème Oeil et l'Infini" au format pdf.

Consultez le livre : le 3ème Oeil et l'Infini : extraits

Téléchargement : le 3ème Oeil et l'Infini - téléchargement gratuit