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L’alchimie du Cantique des cantiques

Le Cantique des cantiques version alchimie livret II

Salomon et l’alchimie


Précieuse Clé.

Pour récompenser ceux qui font les efforts studieux de randonner sur les chemins de la Cabbale Mère, je vais vous donner la clef du Cantique des cantiques et vous comprendrez subitement beaucoup de choses...

L"époux c’est la Conscience Adam l’homme universel, et l’épouse Aishah sa Volonté.

Et cette faculté volitive qui se laisse tantôt séduire par le Destin, tantôt par la Providence, n’a de cesse que de retrouver son époux idéal duquel elle reçoit les seuls baisers extatiques de l’ange...

Relisez le début du cantique avec cette clef, et vous assimilerez mieux son aspect alchimique.


Je vous offre l’exégèse effectuée par un alchimiste normand Jean Vauquelin des Yveteaux au 17ème siècle, et que, portion par portion, je vous restitue dans son jus le François de l’époque et son orthographe.



Salomon et l’alchimie, verset 2.4

Livre d’Alchimie et d’amour dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XI.

2.4 Il m’a menée au cellier, et la bannière qu’il dresse sur moi, c’est l’amour.

Nous avons dit cy devant que dans ce verset estoit denotée la preparation, ou separation du pur d’avec l’impur.

L’amour enyvre aussy bien que le vin, et nous avons assés parlé ailleurs du vin qui s’exprime de la grappe philosophique, portée par la vigne de mesme nature. Car l’oeuvre des philosophes a son progres, comme la façon de faire le vin et de le rendre potable.

Mais que devons nous entendre icy au sujet de nostre oeuvre ? C’est la dissolution par laquelle l’épouse estant penetrée de l’esprit de son epoux, qui s’insinüe jusques dans son centre, en tire ce qui est de sa mesme nature et ce qu’il y a lui mesme formé, ce qui estoit concentré, envelopé et profondement lié. Et dans cette extraction les parties homogenes se reunissent, se recherchent et mettent à part les heterogenes et excrementeuse, en sorte qu’il s’en fait une epuration d’où il resulte l’union de celles de mesme nature, apres laquelle cette epouse enyvrée de la tendresse de son epoux, c’est à dire de ce qu’il y a de plus spirituel, elle ne vit que de sa vit, n’agit plus que par le mouvement qu’elle reçoit de luy, et cesse en quelque façon d’estre elle mesme et devient un estat de n’estre plus ce qu’elle estoit. Voilà pourquoy le Texte dit qu’apres cette yvresse elle abandonne à son époux la conduite entiere de tout ce qu’elle a de plus tendre pour luy, et mesme d’elle mesme, s’oubliant totallement en cet estat pour ne plus suivre que la regle que cet epoux luy impose, laquelle regle doit toujours estre conduitte avec discretion, affin que chaque partie de ce composé s’attachant à faire sa fonction, l’impetuosité de l’esprit ne les pousse pas dans une confusion nuisible, qui pouroit empecher cette separation requise du pur d’avec l’impur. Cela s’apelle fermentation, d’où la clarification resulte.

Charitas est vexillum amoris, l’etendart de l’amour, qui est l’epoux qu’il faut suivre, soit dans le moral soit dans le phisique. En un mot, la terre vierge est icy spiritualisée, elle a abandonné son corps, ce qui luy fait dire ce qui est dans le verset suivant.

Le volatil éleve le fixe par sa propre vertu apres en avoir dissout la masse, et separant le pur de de l’impur produit la matiere premiere du mercure et enfant des philosophes.



Salomon et l’alchimie, versets 2.5 et 2.6

Livre d’Alchimie fleurs et fruits dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XII.

2.5 Soutenez-moi avec des fleurs, ranimez-moi avec des fruits, car je suis malade d’amour.

L’epouse n’a pas plustost fait la transfusion d’elle mesme, que se sentant forcée d’abandonner son corps imparfait pour en former un nouveau avec l’esprit de son époux, elle a raison de dire que l’eccès de son amour la fait tomber en langueur ; elle prie que l’on l’apuie avec les fleurs, dont elle respire plus que l’odeur, et que l’on la soutienne de fruicts, apres la douceur desquels elle avoit tant d’empressement de courir ; car elle ne connoist plus que ce lis des valées, que ce pommier de la forest, duquel et par lequel elle vit, et sans lequel elle ne peut plus subsister, aiant abandonné son ancien corps pour le spirituel qu’elle tient de luy.

Ces compagnons ausquels elle s’adresse sont les parties acqueuses, qui luy font compagnie aussi bien que les terrestres lavées et blanchies, desquelles elle espere du secours, jusques à ce qu’elle soit revenüe de son evanouissement, c’est à dire pour le soutien de son ame qui s’est absebtée de son corps ancien.

2.6 Il met sa main gauche sous ma tête, et il m’étreint de sa droite.

On scait, suivant les emblesmes égiptiens, que la main gauche, plus pesante et moins agissante, est plus propre à soutenir, garder et conserver ce qui vaut la peine, et ce dont on peut tirer quelque utilité ; c’est pouquoy eslle estoit le simbole de l’avarice. On scait aussy que la droitte, plus agille, est ce qui donne l’action et la vigueur, pour relever la paresse de la gauche tardive ; aussy est elle, comme nous l’avons dit parlant des Druides, la marque de la puissance. C’est pourquoy la sagesse dit : « La longueur des jours est en sa droite, et dans sa gauche les richesse et la gloire », car celle qui est ambrassée est la gloire de celuy qui l’ambrasse apres qu’il l’a glorifiée.

A peine on ose icy mesler le sens spirituel et moral avec le temporel ou le phisique. Cependant le spirituel est celuy qui me charmeroit davantage ; car à quoy servent ces avantages mondains qui ne sont que pour un temps bref, et trop court pour meriter les autres, si la grace de Jesus Christ ne supleoit à ce defaut ? grans Dieu que seroit ce de nous !

Ainsi la gauche ne soutient que les biens temporels et la gloire passagere et la droitte qui nous ambrasse toutte, nous peur elever plus haut, et ne ne nous albrasse que pour cet effect. C’est ce dont nous sommes redevables à la sagesse eternelle, qui est le verbe divin, qui nous veut bien environner de sa droitte pendant qu’il nous soutient de sa gauche en cette vie fragille et miserable. Mais des delices ineffables se trouvent où cette droitte nous enleve.

C’est pouquoy l’epouse bien aimée nous fait entendre qu’elle en est ambrassée, dans la confiance qu’elle a que cette droitte l’elevera à sa béatitude et à son estat de perfection.

Ces deus mains se peuvent aussy entendre de la partie fixe qui est sous le volatille et capitalle, ou teste de l’epouse, car le lis rouge qui est dessous sera d’abord ambrassé par le lis blanc qui le cache en son interieur.



Salomon et l’alchimie, versets 2.7 et 2.8

Livre d’Alchimie chevreuils et cerfs dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XIII.

2.7 Filles de Jerusalem je vous conjure par les chevreuils et par les cerfs de la campagne, de ne point reveiller celle que j’aime, et de ne la point tirer de son repos, jusques à ce qu’elle se reveille elle mesme.

Les chevreuils et les gaselles des pays orientaus, et les cerfs sont fort craintifs et fuient les hommes et leur commerce. Ils sont toujours grimpés sur le haut des colines et des montagnes. Ainsi ils peuvent designer les parties volatilles les moins retenues et les moins disposées à la coagulation ou fixation. Ces cerfs percent les forets et les buissons ou broussailles les plus époisses. Ils sont ennemis des serpents, ausquels ils font la guerre.

Ainsi les filles de Jerusalem seront prises pour le reste de l’habitacle de nostre vierge, qui est conjuré par les parties vollatiles qui doivent tant leur plaire de ne pas reveiller ny troubler la tranquilité de l’epouse, qui commance de s’unir et de faire corps à touttes les parties soient suffisamment rassemblées et en assés grande quantité pour faire corps à part, assés recuit et asséz affermy pour devenir apercevable et paroistre au jour.

C’est icy que le regime du feu si requis est exprimée, aussy bien que par l’aage d’or des anciens poetes, comme nous l’avons dit en nos clefs des sciences.

2.8 J’entends la voix de mon bien aimé. Le voicy qui vient sautant au-dessus des montagnes, passant par dessus les collines.

C’est icy la description de ce qui se passe dans la circulation du volatil, ce qui a fait dire au prophete roy, « nous avons veu les mesmes choses que nous avons entendues ». L’epoux a passé du haut du ciel dans le sein de la vierge, de ce sein dans une étable, de cette étable dans le Jourdain pour y estre baptisé, du Jourdain sur le calvaire de la croix, de la croix au tombeau dans le ciel. Il revient sur ce qui est rampant sur la terre, non sur ce qui est enfoncé, mais sur les montagnes. C’est à dire les parties degagées du fond de la matiere et de la terrestreité.

Il semble que l’interpretation differente d’un traducteur, lequel a traduit ainsi ce passage adapter à nostre oeuvre : « ecce iste venit incedens contra montes, prosiliens adversus colles. Le voicy qui vient marchant contre les montagnes et sautant contre les colines ».

Le petillement et le mouvement sensible que l’on aperçoit lors de l’union de l’époux spirituel avec l’epouse preparée à le recevoir, fait voir ce spectacle en cette operation. Cependant alors l’union n’est pas encor faitte. C’est pourquoy je m’en tiens à la premiere interpretation. Car dans cette operation les esprits operent l’un apres l’autre, et son longtemps à agir avant que de parachever l’operation baturelle.

Laissont donc cette seconde interpretation pour l’appliquer à la dissolution, et appliquons à la premiere imbibition de la matière premiere extraitte et formée.



Salomon et l’alchimie, versets 2.9 et 2.10

Livre d’Alchimie et bien aimé dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XIV.

2.9 Mon bien aimé est semblable à un chevreuil, et au fan de biche. Le voicy qui se tient derrier nostre muraille, qui regarde par les fenestres et jette sa vüe à travers les barreaus.

L’eau et la terre sont les vases philosophiques. Le chevreuil paist toujours sur les hauts lieus ; et le cerf, outre sa vitesse, a une vertu singuliere contre les serpents. On dit aussy que ces animaus se voiant poussés à bout par les chasseurs, se joignent quelque fois aus cavaliers qui veullent faire donner dans les pièges qu’ils leur ont tendus.

Celuy, qui regarde par les fenestres fermées de barreaus ou treillis et jalousies, est veu en partie, et en partie caché ; et cela ne s’aperçoit que d’une façon imparfaitte.

Mais celuy cy rompra bientost la muraille pour s’unir parfaittement à l’epouse, et regner avec sa pureté où regnoit la corruption, et la lourde corporeité.

La terre est le vase, et l’esprit acqueus scait la penetrer. Elle est aussy la muraille.

2.10Voilà mon bien aimé qui me parle et qui me dit : levés vous, hastés vous ma bien aimée, ma colombe, mon unique beauté, et venés.

Le saint Esprit a bien voulu paroistre sous la figure d’unne colombe ; cet epoux pris dans le sens spirituel en a rempli l’église son epouse. On peut dire qu’il en a fait autant dans le naturel et phisique à proportion, et qu’il luy oste par là son ancienne difformité, et songer que toutte les fois que dans le sens phisique, aussy bien que dans le spirituel, l’epoux loue son epouse, il la regarde telle qu’elle doit estre un jour.

Levéz vous, luy dit dit il, d’entre les morts du milieu de vos liens, vous voiéz comme la muraille de separation qui nous divisoit et qui empechoit que nos coeurs ne s’unissent par une union nouvelle, est renversée ; venés à moy, vous qui estes fatiguée et chargée du fardeau d’un corps impur ; elevés vous à moy, vous qui estes desja belle d’unne beauté toutte celeste, vous qui estes devenue une colombe pleine de spiritualité ; venez affin que vous commanciés à me voir en face, et non plus à travers des barreaus. Je me suis livré moy mesme à la mort pour vous, apres vous avoir purifiée dans le baptesme de l’eau, pour vous faire paroistre sans tache et pleine de gloire.

Il commande à celle qui est couchée de s’elever et de venir, il luy en donne la force, il volatilise le fixe. Tant que l’on est dans un corps mortel, on ne peut recevoir les raions du soleil que par des ouvertures tres petittes, car ce corps fait ombre et est comme une vielle muraille.Ideo tolle a radio umbram suam.



Salomon et l’alchimie, versets 2.11 à 2.13

Livre d’Alchimie l’hiver et la pluie dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XV.

2.11L’hyver est desja passé, les pluies se sont dissipées, et ont cessé entierement.

La putrefaction est l’hyver philosophique, dont l’année s’accomplit par les 4 saisons, qui s’entresuivent consequutivement. Si le temps de rigueur est l’hyver, qui est celuy de l’évanouissement de l’epouse, ou de son sommeil, pendant lequel elle a eu les visions precedentes ; le printemps est le temps de la delivrance. L’attache à la matière grossiere, et aus choses corporelles qui aggravent par leur lourde masse, est l’hyver de l’idolatrie dans le spirituel et de la prison corporelle dans le phisique. Le soufle de l’esprit solaire par un vent de midy fait fondre la glace du coeur de nostre epouse. Ce qui estoit petrifié est devenu eau, mais une eau qui s’élevera à la vie.

2.12 Les fleurs ont commencé à paroiste dans nostre terre, le temps de la taille est venu ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans nostre terre.

Il semble que le printemps ne commance que depuis l’incorporation de l’esprit, par laquelle les pluies cessent. Car les pluies froides empeschent les fleurs de pousser. Mais sont elles dissipées, la chaleur fait prendre aus fleurs la place des retranchements de ce qui seroit sterille ; et la tourterelle aiant trouvé sur l’arbre un nid pour elle, a fait entendre sa voix, y aiant trouvé la pureté ; c’est alors que l’epoux apelle l’epouse pour venir travailler à la vigne. (Superflua deme), disent les philosophes.

La vois de la tourterelle selon quelques uns n’est qu’un gemissement apres l’epoux, qui luy dit en l’appelant : (quae srsum sunt quærite), et ce gemissement au singulier est celuy de l’esprit qui l’a penettré, qui s’y est fixé et qui tend à selever.

La trourterelle vient d’un pays étranger pour habiter une terre nouvelle. (Dés l’heure que le pecheur gemira pour son peché, je ne m’en resouviendré plus), saint Luc 15.

2.13 Le figuier a commancé à pousser ses premieres figues. Les vignes sont en fleurs, et on sent la bonne odeur qui en sort. Levéz vous ma bien aimée et mon unique beauté, et venez.

L’esté est la citrinité, ou couleur de citron, que nous avons dit que ce verset designe.

Il est vray que le figuier, le plus sage ou du moins le plus tardif de tous les arbres fruictiers, ne commance à pousser que des derniers, dans le temps que la chaleur se fait sentir au commancement de l’esté. L’humeur que cet arbre tire de la terre est abondante, et cette abondance fait qu’il tire d’abord une partie du suc impur de la terre avec le pur, ce qui fait que ses premiers fruicts ne viennent quelque fois pas à une maturité agréable parce qu’ils sont forméz de cette impureté. Mais quand la chaleur de la saison s’augmente, cet arbre a la force d’attirer le plus pur de la terre, par lequel et avec lequel les fruicts qui en sont nouris deviennent eccellents. Nous avons amplement discouru du figuier dans nos ouvrages.

Mais c’est sur cette vigne qu’il faut faire fond, la fleur de laquelle aprehende tres fort la gelée et les froidures. Il faut en esperer les fruicts delicieus ; il faut bien qu’ils le soient puisque Jesus Christ s’est comparé à l’arbre qui les porte, dont il a declaré son pere estre le vigneron.

Ces fruicts ne sont meurs qu’en automne, qui est la rougeur.



Salomon et l’alchimie, versets 2.14 et 2.15

Livre d’Alchimie et la colombe dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XVI.

2.14 Ma colombe est dans les trous des pierres, et dans les creus de la matière ; montrés moy vostre face, que vostre voix se face entendre à mes oreilles, car vostre vois est douce, et vostre face est agréable.

Que la simplicité de cette espression est instructive etscavante. Cette epouse, cette colombe, est dans les trous des pierres qu’elle habitte, dans les cavernes de la matiere. C’est dans ces creus des rochers qu’elle repose et fait son nid, quelque pure et simple qu’elle soit. C’est là sa retritte, où comme dans une solitude inculte et non hantée, elle met sa virginité à couvert de l’insulte et où sa pudeur aussy bien que l’injure des temps la fait se mettre à couvert contre la rigueur de lhyver. A present que cette rigueur est passée, l’epoux la prie de luy montrer son visage. C’est dans les antres et les creus de la pierre terrestre ou phisique que l’epouse a esté formée, comme l’epouse spirituelle est celeste l’a esté dans les trous et les places de la pierre divine, cette pierre angulaire d’où est sorty ce beaume precieus pour le remede et le salut des nations. ( Ex cavernis vitriolicis).

Voilà apparemment le temps où il faut que cette voix soit entendue, et que ce visage caché jusques alors soit veu. Sa face est la pureté de son coeur, de sa substance, de son centre, qui n’est que ce que l’epoux y a deposé de spiritueus et d’incorruptible, aussy bien qu’incombustible, qui s’y est fixé et qui luy est semblable ( Cum pura puram petuerit intueri veritatem, tunc faciem ipsius sponsus videre cupiet, consequenter et voce meus audire). Sa voix est ce gemissement qui la fait toujours soupirer apres son epoux, et qui l’animera et l’enflamera si fort à la fin, que le rouge luy en montera au visage, quoyqu’à cause de sa pureté sa pudeur n’en rougisse pas encore.

2.15 Prenés nous les petits renards qui detruisent les vignes, car nostre vigne est en fleur.

Les renards malins, subtils et toujours à l’aguet, cachéz dans leurs tanieres d’où ils ont peine à sortir et d’où ils ne sortent que pour degrader ou ronger l’ecorce de la vigne qui est plus tendre et plus aisée à gaster lorsquelle n’est qu’en fleur, sont les parties crues et indigestes, corrodantes, qui par là sont qualifiées de petits renards, soit que vous les preniés pour les sulphureités encor impures ou pour les humiditéz caustiques. Il faut prendre ces petits renards, c’est à dire les detruire, ou les fixer, et les empescher de courir par leur plus ample cuisson ou disgestion, ils nous deviendront utilles, et seront mis hors d’estat de nuire à nostre oeuvre et de gaster la fleur de nostre vigne taillée.



Salomon et l’alchimie, versets 2.16 et 2.17

Livre d’Alchimie et les lys dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XVII.

2.16 Mon bien aimé est à moy, et je suis à luy, et il se nourit parmi les lys.

Mon bien aimé est bien à moy, puisque je le possede. Il est pour moy, il a procuré ma delivrance ; je suis à luy, il m’e,leve, il dispose de moy, et je ne seré point à d’autre et j’iré partout avec luy : mon corps est spiritualisé et en estat de le suivre...

Il se nourit parmy les lys, dont le propre est la blancheur et la pureté. Ce lys est l’epoux, et l’epouse ensemble, et dans le coeur, vous l’avez visité durant la nuict, vous m’avez fait passer par le feu, et vous n’avez point trouvé de malice en moy.

2.17 Jusques à ce que le jour commance à paroistre, et que les ombres se dissipent peu à peu, retournez mon bien aimé, et soiez semblable au chevreuil et au fan des cerfs, qui court sur les montagnes de Bether.

D’autres veulent que l’on lise Bethel au lieu de Bether, et Bethel signifie maison de Dieu. Terme de la vision de Jacob.

Les cerfs et les chevreuils dont il estoit permis de manger jusques aus intestins dans l’ancienne loy, où leur peau estoit emploiée pour couvrir le Tabernacle, passoient pour des animaus purs, aiants la veru de detruire les serpents, et les montagnes qu’ils parcourent sont la figure du comble des vertus sur lesquelles ils prenent leur pasture. Ainsi ils nous figurent spirituellement les tribunaus de la grace et de la justice. Ce sont ces cerfs et ces chevreuils qui courent par mons et par vaus, mais qui grimpent et s’attachent toujours à cette montagne de Bethel, à l’exemple desquels cette chste epouse conjure son epoux de retourner pour achever de dissiper peu à peu ces ombres et ces tenebres qui empeschent encor la clarté totalle de ce jour lumineus qui commance à paroistre.

Car nous verrons que l’epoux s’enfuit plus d’une fois par la dessication ou calcination de la matiere, laquelle apres cela ne se perfectionneroit pas sans son prompte retour, comme elle fait de plus en plus à chaque visitte que son epoux luy rend : lequel doit revenir, pour perfectionner de plus en plus sa chere epouse.



Salomon et l’alchimie, versets 3.1 à 3.3

Livre d’Alchimie l’épouse et le corps terrestre dans le Cantique

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XVIII.

3.1 J’ay cherché dans mon lict durant les nuicts celuy qu’aime mon ame, je l’ay cherché et ne l’ay point trouvé.

Les interprettes spirituels du Cantique des cantiques veulent que l’on regarde tout ce que l’epouse avoit dit jusques à present comme vision qu’elle avoit eue dans son évanouissement, dont estant à present un peu revenue, sa vision ne laisse pas de continuer et de luy faire imaginer qu’elle fait, sans pourtant qu’elle sorte de l’etat où elle est renfermée, tout ce qu’elle auroit fait si elle avoit été en liberté.

Le lict de l’epouse phisique est son corps terrestre, dont elle est enveloppée et où elle est assoupie. C’est pendant cet assoupissement qu’elle a ces songes et ces visions.

Il faut qu’elle en sorte, pour trouver cet epoux pour lequel elle est brulée de l’ardeur que la puissance du Pere a allumée en elle : Dieu le Pere est un dieu de rigueur, sa puissance exerce sa justice ; c’est pourquoy il est dit ( Justum).

Encor quand cela arivera, son deguisement empeschera que l’on ne le reconnoisse, jusques à ce qui ait merité par ses souffrances l’éclat de la gloire qui l’environnera pour lors, et qui le fera connoistre pour ce qu’il est veritablement, apres qu’il sera sorti de la putrefaction exprimée comme nous l’avons dit en ce verset. Et jusques là son estat lumineus ne sera point aperçu.

3.2 Je me leveré, je feré le tour de la ville, et je chercheré dans les rues et dans les places publiques celuy qui est le bien aimé de mon ame ; je l’ay cherché, et je ne l’ay point trouvé.

Quelque effort que l’épouse phisique face pour quitter son lict, quelque recherche qu’elle face de son epoux dans tous les quartiers de Jerusalem, cette terre de promission, et dans ses places vuides, elle ne l’y trouve point.

3.3 Les sentinelles qui gardent la ville, m’ont rencontrée, et je leur ay dit : N’avez vous point veu celuy qu’aime mon ame ?

Ces gardes qui veilent à la sureté de cette Jerusalem, sont les parties dures qui font la sureté de cette ville, et qui estoient posées pour l’empescher d’en sortir. Elle se trouve meslée avec eus, mais ils ne connoissent mesme pas son bien aimé, et si l’ardeur dont elle est animée ne la faisoit passer plus outre, elle ne tiendroit rien.(Imne siccum appetit humidum.



Salomon et l’alchimie, versets 3.4 à 3.5

Livre d’Alchimie et chambre de la mère dans le Cantique

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XIX.

3.4 Lorsque j’eus passé tant soit peu au dela d’eus, je trouvé celuy qu’aime mon ame ; je l’ay aresté, et je ne le laisseré point aller, jusques à ce que je le face entrer dans la maison de ma mere, et dans la chambre de celle qui m’a engendrée.

L’epouse venant donc à la superficie, et mesme, s’il se peut dire, par dela, par son ardeur qui s’exhalle, elle trouve celuy qu’aime son ame, elle s’en empare, le saisit si fort qu’elle ne le laisse point aller : non qu’elle le force ou qu’elle luy face violence, car il l’a recherchée le premier. Et afin qu’ils se trouvent commodement, ils entrent tous deus dans la maison et la chambre de la mere, qui a donné le jour à cette chaste et pure epouse vierge.

Cette mere est la terre, selon moy, et quoyque l’on puisse dire que c’est la nature, nom que les philosophes ont donné à l’eau (car cette chaste vierge n’est qu’une eau cuitte, elle a l’eau pour mere, qui lui a donné l’estre) ; mais je pretends que la maison et la chambre de cette mere est la terre, comme vase naturel où cette epouse introduit son epoux. Et là en liberté ils s’unissent ensemble.

L’eau des philosophes est plus commode pour cette union, et est aussy un vase de nature, et peut estre ditte maison de la mere de nostre epouse, entendant alors la nature pour mere, ou l’eau pour nature.

( Sunt duo pisces in mari nostro), disent les mages, car en toute autre maison ils ne scauroient estre en liberté de se chercher, pour se trouver et s’unir ensemble. Mais il me semble qu’il s’agit icy non pas de chercher cet epoux, mais de le retenir apres l’avoir trouvé. Reflechissés comme moy la dessus. Mais comme tout cela ne reussit que par l’imbibition, l’eau pretendra toujours que c’est elle qui doit estre entendüe par la chambre de la mere.

3.5 Filles de Jerusaleme, je vous conjure par les chevreuils et par les cerfs de la campagne, de ne point reveiller celle qui est la bien aimée, et de ne la point tirer de son repos, jusques à ce qu’elle s’eveille elle mesme.

Il s’agit icy par cette repetition de prendre garde à ne pas donner trop d’agitation à la matiere ou compost, jusques à ce que par imbibition reiterée, l’union soit faitte. C’est la coagulation ou congelation.



Salomon et l’alchimie, versets 3.6 et 3.7

Livre d’Alchimie et parfum de myrrhe dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XX.

3.6 Qui est celle cy qui s’eleve du desert comme une fumée qui monte des parfums de myrrhe, d’encens et de touttes sortes de poudres de senteur ?

Apres l’union de l’epouse avec l’epoux en la maison ou chambre de sa mere, soit eau soit terre, voiant ce que luy procure par cette union l’action de la chaleur menagée, qui est celle cy qui s’eleve du desert ? C’est à dire de cette terre seche depopulée et deserte, chargée de terrestreité, au dessus de laquelle nous la voions paroistre. Car en effect cette terre ne meritoit pas de posseder un si grand tresor. Il n’y avoit que le paradis terrestre qui en fust digne. Mais estant venu dans le monde pour sauver les creatures materielles par l’aneantissement de sa propre vie, c’est à dire par sa mort, il falloit que la lumiere, agent du Seigneur qui en execute les volontez dans et sur la matiere, purifiast cette mesme matiere pour la rendre digne d’exhaler le parfum que le Createur y a mis, pour la rendre convenable à sa presence. Ce parfum s’eleve de la myrrhe, que l’on emploi pour embaumer les corps des morts, et de l’encens, qui est l’epoux ou l’esprit mesme, d’un prix infiny, destiné, à laquelle seulle il convient. Mais ces parfums du fixe et du volatil ne brulent point s’ils ne sont mis dans le feu. L’un vient du fixe, l’autre du volatil, et ils s’élevent par l’esprit du feu en un composé des deus. Mais lencens ne peut estre agreable sans la myrrhe du corps mort, par laquelle il est preservé de corruption, et par l’encens qui s’y mesle sont faittes ces poudres de touttes sortes de senteurs qui font la sublimation.

L’hebreu signifie que comme les palmes de parfum, qui s’élargit en montant la fumée qui montoit de l’autel d’or figuroit une corne, sans (à ce que disent les rabins) estre jamais agittée, tant l’air la respectoit.

L’on pretend induire que Salomon entendoit parler d’autre que de luy en parlant de cette epouse unique, puisqu’il en avoit plusieurs. L’epoux est le pasteur universel et unique. Mais cette epouse unique est autre que celle de Salomon. C’est nostre vierge phisique qui engendre le sauveur naturel qu’elle a conceu apres en avoir receu le baiser reiteré.

3.7 Voicy le lict de Salomon environné de soixante hommes des plus vaillants d’entre les forts d’Israel,

La vierge est le lict de Salomon, qui est la figure de l’epoux phisique et divin.

Ces braves nombreus qui le gardent ( aquae multae populi multi). Cette eau est ditte ( acetum acerrimum ), son acier la rend incisante. Et ce nombre de soixante est misterieus : 6 fois 10 ou 10 fois 6.

Les anges nous gardent et le saint Esprit nous inspire à tous moments.



Salomon et l’alchimie, versets 3.8 à 3.11

Livre d’Alchimie et l’épée dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XXI.

3.8 qui portent tous des epées, et qui sont tres experimentéz dans les guerres. L’epée de chacun d’entre eus est à son costé sur sa cuisse, accause des surprises que l’on peut craindre pendant la nuict.

La cuisse, comme nous l’avons dit ailleurs, est le simbole de puissance et de fidelité, et ce glaive protege cette epouse vierge, lict de l’epoux spirituel, contre l’ardeur et les attaques du malin, du serpent, qui est le feu, ou de tout autre qui voudroit entreprendre contre elle.

3.9 Le roy Salomon s’est fait litiere de bois du Liban.

Le bois du Liban estoit incorruptible, soit que l’on entende par là les cedres, ou cet arbre qui portoit le beaume.

3.10 Il en a fait les colonnes d’argent et le dossier d’or, le siege de pourpre, et il a orné le milieu de tout ce qu’il y a de plus precieus, en faveur des filles de Jerusalem.

Ces colonnes d’argent sont de cet argent dont il est dit :( argentum igne examinatum in vaste terreo purgatum septies). Ce sont les promesses de se servir de la race de la femme pour briser la teste du serpent. Le dossier d’or est cette oreité qui sert de reposoir, et luy donne l’empire. Le siege couvert de pourpre est cette teinture du sang, qui luy donne ce degré de gloire et de puissance, le milieu orné de ce feu perfectionnant tout, ( ignem veni mittere in terrem et quid volo nisi ut accendatur), ce foudre fulminant et detruisant l’imperfection de tous les corps en faveur de toutes les creatures materielles. Ce sont les effects de la pierre terrestre en son char de gloire qui a fait tant de miracles sur les filles de Jesrusalem moins parfaittes que l’epouse, soit métaus, soit autres estres materiels, mesme pour la restauration de la santé des corps de tous mixtes.

3.11 Sortez dehors filles de Sion, et venés voir le roy Salomon, avec le diadesme dont sa mere l’a couronné le jour de ses nopces, le jour où son coeur a esté comblé de joie.

Les filles de Sion, forteresse de Jerusalem, peuvent estre prises pour les compagnes de l’epouse. Ce Salomon est l’epoux roy de la sagesse, dont le diadesme est formé de pierres precieuses que sa mere luy a fourny, pour l’en orner au jour de son union avec cette chere epouse, qui le comble de joie ; car elle fait toutte la satisfaction qu’il a de communiquer sa puissance et sa gloire.

La matiere se clarifiant et s’illuminant de plus en plus, fait briller ces pierreries de la couronne de Salomon, roy pacifique, ou de ce (Schelo-monis) dont nous avons parlé dans le tiltre.



Salomon et l’alchimie, versets 4.1 à 4.3

Livre d’Alchimie et les montagnes de Galaad dans le Cantique

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite XXII.

4.01 Que vous estes belle, o mon amie, que vous estes belle ! Vos yeus sont comme ceus des colombes, sans ce qui est caché au dedans ; vos cheveux sont comme des troupeaus de chevres, qui sont montées sur les montagnes de Galaad.

Cecy est une description et un eloge de l’estat où l’epoux a porté l’epouse. Ces yeus de colombe se voient dans les trous des rochers et des pierres, ils y brillent ; mais il y a encor quelque chose dedans qui est caché, et meilleur que ce qui paroist.

Ces cheveüs sont ceus de la vierge pascalle, dont la blancheur surpasse ces soieries si fines, si blanches et si longues, des chevres qui paroissent d’ordinaire sur le mont Gallad, montagne si remplie de beaumes eccelents pour la guerison des maus.

4.02 Vos dents sont comme des troupeaus de brebis tondues, qui sont sorties du lavoir, et qui portent touttes un double fruict, sans qu’il y en ait de sterilles parmy elles.

Les dents commencent l’incision qio dispose à la solution et digestion des aliments. ( Dura comminuunt, ne vitalia incuriosa edacitate suffocent). Ces dents sont plus blanches que le lact par leur pureté, par laquelle on les compare à des brebis tondües, et sorties du lavoir, du baptesme qui les blanchit et depouille de toutte souillure ; ces dents preparent la nourriture pour les jeunes, en la machant pour leur faire mieus avaller.

Elles portent un double fruict, le fixe et le volatil, le blanc et le rouge, et chacune s’empreignant de ce qui luy convient, nulle d’entre elles n’est sterille. Les dents pressées et bien rangées servent à l’articulation des parolles, comme à la premiere digestion, et à l’agrement de la beauté ; ainsi elles indiquent la sagesse, la force et la bonne grace. Les lavant tous les matins d’eau, les larmes de penitence les rendent fecondes en vertus.

4.03 Vos levres sont comme une bandelette d’ecarlatte, et vos parolles sont agreables. Vos joües sont comme une partie de pomme de grenade, sans ce qui est caché au dedans.

Jamais les levres vermeilles ne sont plus agreables qu’apres nous avoir decouvert de belles dents. Il en sort des parolles agreables, et des joües ne furent jamais mieus parées que du coloris que la pudeur et la modestie leur inspire, accause de la pureté intérieure de celle qui les a telles.

(In cocco species ignis, et crucis sanguis irrutilat)

Rahab attacha à sa fenestre en Jerico une bandelette ou cordon d’escarlatte, pour signe de sa redemption. Dans le sens divin, c’est le sang de Jesus Christ. Mais dans le sens phisique, c’est le cercle capillaire et rouge qui succede à la blancheur, ou la teinture de la pierre terrestre. Et quant à ce qui est caché au dedans, vous scavez que la couleur de l’ecorce d’unne grenade est rougissante, et qu’elle renferme plusieurs grains encor plus brillants, mais surtout bien plus eccellents. Voilà ce qui est caché au dedans.

SUITE LIVRET III...




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