
ivre II, FABLE VII, d’Eliphas Lévi.
L’HARMONICA ET LE ROSSIGNOL.
(A M. Alphonse de Lamartine.)
Un harmonica résonnait,
Sans jeux de mots je prends la chose,
Il prétendait donc, et pour cause,
Que le rossignol détonnait.
Oh ! les mauvaises chansonnettes
Que celles de ce triste oiseau !
Il n’a pas ce timbre si beau,
Ces notes si claires, si nettes,
Cet accent cristallin dont je puis me vanter.
On s’endormait à l’écouter.
La nuit commençait à répandre
Son calme et ses parfums ; alors d’une voix tendre
Un oiseau préluda, puis se mit à chanter.
C’était une chanson douce, naïve et pure
Comme l’âme de la nature ;
Les pleurs venaient aux yeux, le coeur était charmé :
Tout se fondait en mélodies ;
Les âmes les plus refroidies
Se souvenaient d’avoir aimé.
L’harmonica tintait toujours avec colère,
Mais un bon vieillard le fit taire
En lui disant : - Machine à bécarre et bémol,
Tu fais du bruit sans rien comprendre ;
Le rossignol pourrait t’entendre,
Mais toi tu n’entendras jamais le rossignol.
Les sourds peuvent nier ta divine harmonie ;
Lamartine, toi par pudeur,
Respecte la Fontaine et son tendre génie :
Tu feras douter de ton coeur.
Livre II, SYMBOLE VII, d’Eliphas Lévi.
L’HARMONICA ET LE ROSSIGNOL.
Ce symbole s’explique de lui-même et n’a pas besoin de commentaire.
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